Cholestéatome

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Une otite moyenne aiguë (OMA) mal soignée peut s'aggraver et laisser parfois, dans le temps, des séquelles. Elle peut devenir une otite séreuse, une otite chronique à tympan ouvert ou bien encore un cholestéatome.

Les deux principales formes de cholestéatomes

Le cholestéatome est l’invasion de la membrane du tympan, parfois sur ses deux faces, par un tissu épithélial identique à de la peau. Ces cellules cutanées prolifèrent soit de par leur proximité avec le conduit auditif, soit par transformation des cellules du tympan lui-même.

Bien que la majorité des cholestéatomes fassent suite à une OMA mal soignée, 3 % d'entre eux sont de forme congénitale et présents dès la naissance.

  • Le cholestéatome acquis est le plus fréquent. Il est dû au développement d’une poche de rétraction qui va progressivement envahir la mastoïde et l’oreille moyenne, en détruisant les structures avec lesquelles elle entre en contact.
  • Le cholestéatome congénital provient lui d’un reste embryologique de peau dans l’oreille moyenne. C'est à partir de ce reliquat que des débris de peau vont faire leur apparition. En s'accumulant dans l'oreille moyenne, ils vont entraîner les mêmes symptômes que les cholestéatomes acquis.

Les rares symptômes du cholestéatome

Les cholestéatomes restent souvent indolores et se développent sans occasionner beaucoup de symptômes. On pourra éventuellement retrouver :

  • un écoulement de pus nauséabond ; il s'agirait déjà dans ce cas d'un cholestéatome de stade avancé ;
  • une diminution de l'audition de faible importance dans les débuts ; en revanche, si les osselets ont été touchés, la perte auditive sera beaucoup plus importante (elle peut même être totale si le cholestéatome a atteint l'oreille interne) ;
  • des polypes inflammatoires au niveau du tympan.

Bon à savoir : chez l'enfant, le cholestéatome peut se traduire par la présence d'une petite tache blanche sur le tympan.

Pour poser correctement le diagnostic, on procède à une otoscopie, en ayant bien pris soin de nettoyer parfaitement le conduit auditif. Le constat est généralement confirmé par une radiologie des oreilles, qui permet d'évaluer l'extension du cholestéatome. Elle aide également à déterminer la technique chirurgicale à privilégier pour le traiter.

Attention : un cholestéatome doit systématiquement être évoqué en cas d'écoulement d’oreille durant plus de 3 mois.

Cholestéatome : quel traitement ?

Le traitement du cholestéatome est exclusivement chirurgical car c'est le seul à pouvoir empêcher son évolution, et les complications parfois vitales, qu'elle peut entraîner.

Il s'agira d'une tympanoplastie (ou myringoplastie) qui associera :

  • l’ablation des tissus anormaux ;
  • une réfection de la membrane tympanique et de la chaîne des osselets.

L’opération est en général précédée d’un traitement anti-inflammatoire, de type ibuprofène chez l’enfant, parfois de cortisone chez l’adulte. Les antibiotiques ne sont jamais efficaces et doivent être évités.

À noter : le risque de récidive existe, même après une opération parfaitement réussie.

Les cholestéatomes : d'importantes complications

Ce type de pathologie est particulièrement redouté car, si le cholestéatome n'est pas traité, il peut engendrer de nombreuses complications :

  • une perte sévère et durable d’audition de l’oreille atteinte ;
  • des vertiges ;
  • une méningite ;
  • un abcès cérébral ;
  • une migration vers les tissus voisins, pouvant provoquer par exemple une paralysie faciale. Le cholestéatome a tendance en effet à ronger tout ce qui se trouve autour, notamment les osselets et l'os de la mastoïde.

Important : grâce aux progrès des traitements chirurgicaux, les complications aujourd'hui se font de plus en plus rares.

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